« Guikolo » Le Maxi Single d’Assako


«Guikolo» est un retour. Un hommage en quatre actes au Bikutsi originel, celui des complaintes mélodieuses des femmes dont l’écho faisait vibrer nos contrées profondes. Sans saupoudrage rythmique. Sans indécence langagière. Sans incitation peu ou prou assumée à la lascivité gratuite. Assako parle d’amitié, de filiation maternelle, de solitude, de peur. Avec les sons, l’esprit et les mots riches de la foret sud-camerounaise qui l’a vu naitre. A aucun moment, ses textes n’empruntent à la langue française. Nulle part, ses lignes musicales ne se prostituent d’influences électroniques. Point d’espace, dans ses chansons, pour ces étouffantes dédicaces qui trahissent si souvent le mal-être financier des artistes débutants en Afrique. La démarche est audacieuse et pure. Comme une intention affirmée de ramener la musique à ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un art d’écoute.

«Guikolo» est un retour. Une reconnaissance à «ceux qui ont vécu» et écrit les plus belles pages de la chanson camerounaise. Le titre-phare est une composition originale de Betti Betti, talentueuse chanteuse camerounaise décédée en 1987 dont l’œuvre abondante reste largement méconnue de la génération Facebook. Le délicieux phrasé de guitare qui enveloppe la voix d’Assako sur la chanson éponyme de l’album est estampillé Moustik Ambassa. Le mixage et les arrangements soyeux portent le seing de Belmond de Boville et Guy Billong. Une entrée en scène méticuleusement pensée, rigoureusement encadrée qui tranche avec ces arrogances juvéniles qui polluent nos bacs à musique.

«Guikolo» est un retour. Celui de la recherche musicale et du projet de construction d’une trajectoire artistique véritable. Assako n’est pas en quête de buzz. Elle n’offre pas de «tube de l’été», fast-food bon marché, bric-à-brac Kleenex que promeuvent à longueur de journée les télévisions poubelles. Elle ne veut pas seulement se faire entendre. Elle tient à se faire comprendre, peu importe le temps que cela prendra. Aussi, son œuvre offre de la variété rythmique (Il n’y a pas que du Bikutsi). Respecte l’ouïe (on peut y apprécier un jeu de clavier ou de guitare pendant une quinzaine de secondes). Marque l’ambition, malgré les diktats de l’heure, de défendre une identité propre au carrefour de l’universel. Tout le mérite d’Assako est là : dans cet enracinement qui et cette patience qui préparent les grandes échéances.

Un véritable retour…vers le futur !

Nick B.

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